Bienvenue !

Fĭċtiσи


✖ I Love My Tom'S


P R O L O G U E :

Une erreur. Voilà ce qu'elle est. Elle a bouleversé la vie entière de Bill à ses 14 ans. Et depuis, il tente de la haïr de toutes ses forces. Pourquoi n'y arrive t-il pas ? Lien invisible. Se lever plus tôt le matin, pour Elle. Se priver de liberté, pour Elle. Attirer la haine de sa mère, pour Elle. Perdre ses amis, pour Elle. Trois lettres qui gâchent sa vie : T O M.
by Stern@


Ønε-Shǿt


✖ How Tom Plays his Gibson, and Other Things


P R O L O G U E :

Tom aime sa guitare. Il aime en prendre soin. Peut-être un peu trop aux yeux de Bill.


✖ Wild Thing


P R O L O G U E :

Bill et Tom se font fait surprendre en train de faire autre chose que d'enfiler des perles. Est-ce que ça signifie la fin de leur relation ?


Bonne lecture.

# Posté le samedi 17 janvier 2009 09:30

Modifié le dimanche 01 mars 2009 16:33

Chapitre I

Chapitre I
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Elle est là devant moi, une toute petite chose qui hurle à la mort. Je suis complètement inconscient de ce qui se passe autour de moi ; j'ai les entrailles déchirées et ne pense qu'à une chose : sortir d'ici, oublier tout ça. Mais c'est impossible ; elle crie encore et encore et personne ne songe à vouloir l'arrêter. J'ai maintenant un sérieux mal de tête et toujours ce foutu mal de bide enfin ... je les sens me recoudre et me dire que dorénavant, je suis définitivement un garçon... un garçon. J'ai toujours été un garçon. Une infirmière s'approche de moi, me la tend, nue et tout juste lavée ; je ne peux pas, je pleure, renifle, hurle... Rien ne peut m'arrêter. On me parle, me pose des questions mais je n'entends rien ; je prononce juste inlassablement son nom : « Tom, Tom, ... »


[ ]


Il fait noir, je me sens nauséeux et la douleur entre mes jambes n'est pas partie. Je suis dans ma chambre et tout est calme autour de moi, à part peut-être le ronflement de ma colocataire. J'étais bien à demi endormit. Puis dans la nuit paisible, on entendit un cri perçant, à réveiller tout l'étage ; ma colocataire se réveille et se penche sur le berceau en plastique situé juste à côté de son lit puis elle me fixe, gênée.

- Désolée, c'est l'heure de la tété.

La tété ; quel mot répugnant. Et dire que j'avais demandé à être seul dans ma chambre, non, encore une fois, on ne m'a pas écouté. Ca m'énerve, je me retourne vers la fenêtre tandis que les cris ont arrêté et que l'on n'entend plus que le bruit d'une déglutition sonore. Et c'est là, en me retournant, que je tombe sur elle. Encore une fois, on ne m'avait pas écouté et son berceau en plastique était là, juste à côté moi. Mon mal de tête revenait et je n'ais qu'une envie, à l'instant même, c'est sortir de cette chambre mais cette douleur m'en empêche.

- Elle ne pleure pas ?

Ce n'est pas possible ! Elle veut qu'on joue à faire ami-ami où quoi ?!

- Non, répondis-je brutalement pour lui faire comprendre que ceci était la fin de notre non conversation.

Elle se tut et repris son activité de vache à lait. Mon Dieu, ce que je hais cet endroit. Dormir pour oublier. C'est ça... oublier.

J'entends des bruits à côté de moi mais fait mine de rien ; le monde peut bien se passer de moi encore quelques heures.



[ ]


Un souffle chaud sur mon cou, des brides de lumières me piquant les yeux, une voix qui m'interpelle... Non, je me réveille. J'étais si bien et cette douleur toujours là... Je me retourne et ouvre mes yeux péniblement.

- Hey ! Salut, mon ange, ça va ? Bien dormi ?
- Hum, hum.

Il me regarde avec tant d'amour et m'embrasse doucement sur les lèvres. Cette sensation, c'est tellement agréable que j'en veux plus, plus de contact. Penché vers moi, j'en profite pour le rapprocher encore plus en le tirant par les épaules et il m'enlace. A peine le temps que je m'enivre de son odeur, ma tête enfouie dans son cou, que quelqu'un nous interpelle.

- Excusez-moi de vous déranger mais ça va être l'heure des soins et du petit-déjeuner. La voix de l'infirmière me tire doucement de ma léthargie.

Il se relève et part en direction du berceau en plastique pendant que l'infirmière tire le rideau me séparant de la vue de ma colocataire de chambre pour ensuite soulever mes draps et me prodiguer mes soins. Aie, qu'est ce que c'est douloureux.

- Détendez-vous, jeune homme, je nettoie juste la plaie, les fils se résorberont d'eux même d'ici quelques jours. Que voulez-vous manger ?
- J'ai pas faim.
- Je vous apporte tout de même quelque chose. La sage femme arrive.
- Je n'en ai pas besoin, répondis-je sèchement.
- Bill, dit Tom d'un ton excédé. Un effort s'il te plait.

Un effort, quel effort ?

- J'en reviens pas que tu l'ais appelée Tom.

Il n'a rien compris, mais alors rien du tout ; exaspérant lui aussi. Il est là, à côté du berceau, la touchant elle ; tout le monde a son attention à elle, alors que moi, je n'ais personne. La sage femme arrive, nous précisant qu'il va falloir la faire manger, puis lui donner son premier bain, la changer, etc. Sur ce, je lui réponds que je suis fatigué et que j'ai un mal de crâne pas possible. Elle se retourne vers Tom qui, lui, prétexte une course imminente à faire. Il m'embrasse sur le front et me dit qu'il revient vite. La sage femme soupire et se contente de faire tout ce qu'elle vient de nous énumérer. Repue et propre, on la recouche dans son berceau transparent avant de m'annoncer qu'un médecin viendra nous voir pour vérifier que tout va bien pour elle comme pour moi.

Je me recouche. Mon Dieu, cette situation est si étrange et je me sens si mal.


[ ]


- Hey ! Mon c½ur. Ca va ?
- Salut Bill !

C'est pas vrai, pas moyen d'être tranquille ici. Ma mère et mon beau-père viennent d'arriver et avant même d'attendre ma réponse, ils se précipitent vers le berceau.

- Je peux la prendre, me demande ma mère, un sourire jusqu'aux yeux.
- Bien sûr.
- Ce qu'elle est mignonne, tu ne trouves pas Gordon ?
- Si, très, mais qu'est ce qu'elle est petite... enfin menue.
- Tu sais à la naissance, les jumeaux aussi l'étaient ; elle leur ressemble un peu d'ailleurs. Tu veux la prendre mon chéri ?
- Oui, donne la moi que je fasse connaissance avec ma petite fille.

Gordon se met à la dorloter, un énorme sourire étiré sur les lèvres.

- Oh, mon Dieu, ce qu'elle est adorable.
- Tu vois, je te l'avais dit, elle est magnifique.
- Mais légère, je ne voudrais pas être alarmiste mais le bébé à côté à l'air en meilleure santé.
- Tu n'y connais strictement rien, le coupais-je.
- Pardon Bill, je ne voulais pas être désagréable. Tu dois être fatigué, ta mère et moi allons te laisser, tes grands parents viendront te voir une fois que vous serez rentrés à la maison. Nous repasserons demain, quand tu auras vu le médecin.
- Je veux rentrer et au plus vite, c'est tout et pourquoi on me l'a mis dans ma chambre ?

Gordon la repose dans son berceau, la recouvrant et ma mère prit la parole.

- Bill, on n'est pas comme dans toutes ces séries américaines... En Allemagne comme dans beaucoup d'autres pays Européens, il n'existe pas de pouponnière sauf en demande justifiée. Ton enfant va bien, tu vas bien, il n'y a pas de raison que vous soyez séparés et puis tu devrais peut-être prendre un peu sur toi et commencer à grandir un peu. A demain.

Et ils partent, me laissant seul, seul avec elle, ma colocataire de chambre et son gosse qui ne fait que brailler.

La journée se passe, rien de palpitant. Le médecin vient nous voir, rien d'anormal, on devrait sortir d'ici trois jours ; oui 'on', cette chose part avec moi. La sage femme revient plusieurs fois pour s'occuper d'elle et la nourrir en me complimentant. J'ai pourtant rien fait d'extraordinaire mais à tous les entendre, j'ai limite enfantée une déesse. Pathétique. Tom n'est pas revenu, je suis donc encore seul. Et je m'ennuie.


[ ]


Mes parents sont repassés dans la semaine mais pas Tom. La sage femme s'occupe toujours des soins du bébé, aussi bien change que nourriture, mais aujourd'hui, c'est le départ. Je me suis levé tôt ce matin et je peux enfin marcher ; la douleur s'étant estompée, je suis allé prendre une bonne douche, me suis maquillé, coiffé, habillé... Et ça fait vraiment du bien de se retrouver.

Je feuillète un magasine pour faire passer le temps quand on frappe à la porte et là, qui vois-je arriver ? Toute la famille de l'autre pignouf, le petit surnom affectueux que j'ai donné au gamin à côté. Et c'est parti pour les effusions, et les exclamations bruyantes.

- Je peux voir le votre ? M'interpelle une jeune file.
- Nié ?!?!
- Votre bébé, je peux le regarder, mon neveu est mignon mais ma s½ur m'a dit que votre fille était tout simplement magnifique.

Pas le temps de répondre quoi que ce soit qu'elle avait déjà fait le tour et se penchait sur le berceau.

- Qu'est ce qu'elle est belle, elle est adorable, son visage, on dirait un ange. Elle a l'air calme.
- C'est facile, je ne l'ai jamais entendue pleurer depuis qu'elle est arrivée, répond ma colocataire de chambré. Même quand Ulrich pleure en plein milieu de la nuit, elle ne se réveille pas pour autant. Et elle ne réclame jamais à manger... c'est bien simple, on pourrait croire qu'elle est muette.
- Elle l'est ?
- Bien sûr que non Blandine. Ne sois pas idiote.
- Merci de te moquer de moi grande s½ur.

Elles se regardèrent avec un sourire complice comme on a l'habitude de faire Tom et moi. Tom, qui n'était même pas revenu, ce qui commence vraiment à m'agacer.

- C'est ce que je disais, c'est un ange. Vous avez beaucoup de chance de l'avoir. Mais attendez, je crois qu'ils se sont trompés de berceau... Y'a une étiquette bleu avec 'Tom' écrit dessus.
- Non, non, ce n'est pas une erreur, elle s'appelle effectivement Tom, lui dis-je en souriant niaisement. C'est le nom de son père.
- Ah, pardon, j'ai toujours la fâcheuse manie de mettre les pieds dans le plat. Elle est très belle en tout cas.

Et elle s'en retourne auprès du pignouf et sa mère. Ma mère arrive, seule, et commence à discuter avec la famille d'à côté avant de se diriger vers moi, tout sourire.

- Hey ! Mon c½ur, prêt à rentrer à la maison ?
- Oui, mes affaires sont prêtes, y'a plus qu'à y aller.
- J'ai apporté une petite combinaison, tu lui passes et la met dans son siège auto et on est parti.
- Non.
- Quoi, non ? Je dois aller signer les derniers papiers alors t'es mignon, tu baisses d'un ton et tu fais ce que je te dis ou je repars et te laisse là, c'est compris ?

Ca ne me plait pas du tout ; je continue à regarder ma mère droit dans les yeux et tout les regards de la famille d'à côté sont braqués sur nous.

- T'as compris ?
- La sage femme peut peut-être le faire, c'est son boulot après tout.
- Bill, ne réponds pas sur ce ton et non ce n'est pas son boulot. C'est bien simple, si tu ne te décides pas à le faire seul, tu restes ici.

Si les yeux de ma mère pouvaient lancer des éclairs, je serais déjà mort foudroyé. Je me résigne, mais vraiment parce que j'ai envie de quitter ce putain d'endroit. Ma mère sort. Fait chier quand même.

Je tire le berceau vers moi et me penche au dessus. Elle est là, somnolente dans son petit pyjama blanc. C'est vrai qu'elle est mignonne, mais de là à dire qu'elle est magnifique et qu'elle ressemble à un ange, faut pas pousser quand même. Et merde, je ne sais même pas comment la prendre, ni comment lui enfiler sa putain de combinaison. Bon, j'arrête de me torturer l'esprit et m'affole un peu sinon on y est encore demain.

Je la découvre et la prends dans mes bras, elle ouvre les yeux, me fixant intensément. Aie, ça fait mal, ce regard. Je la pose délicatement sur le lit et commence à l'habiller ; elle gigote un peu mais je m'en sors pas trop mal et après quelques minutes, la voilà habillée. Je l'installe dans son siège auto au moment où ma mère revient.

- Prêts ? On y va alors.

Je prends mon sac, ma mère le siège auto. On salut toute la famille à côté, et je m'approche du pignouf pour voir celui qui m'a gâché mes dernières nuits. Mon Dieu ce qu'il est laid ; c'est sûr à côté ma fille, ma fille qu'est ce que je dis, bref elle est magnifique.

Le trajet en voiture se passe dans un silence pesant. On arrive enfin et sans attendre une seconde de plus, je prends mes affaires puis me précipite dans la chambre de Tom qui est aussi la mienne. A défaut de ne pas y trouver mes affaires, j'y dors toutes les nuits. Je me jette sur le lit de son côté et respire son odeur ; on dirait un toxico en manque. Plus que pathétique.

Quelqu'un frappe à la porte ; ma mère.

- On a fait quelques petits changements dans ta chambre.
- Quoi ?!?!

Ok, j'y suis jamais, mais quand même. En ouvrant la porte, je découvre que mon lit deux places à été remplacé par un lit une place, une commode avec table à langer le séparant d'un lit à barreaux. Pourquoi ma chambre ? Fait vraiment chier.

- Je vais me coucher, je suis fatigué, je reprends l'école demain, tu peux t'en occuper.
- J'ai le choix ? Répondit ma mère ironiquement.

Je file dans la chambre de Tom, me dévêts, m'allonge et putain, pas un bruit. Je peux enfin m'endormir.

Au milieu de la nuit, Tom arrive, claque gentiment la porte, et après avoir fait un boucan pas possible, décide de se coucher. Il m'enlace par la taille, me rapprochant de lui, commençant à m'embrasser dans le cou.

- Salut, mon ange, ça va ?
- Non, mais je suppose que tu t'en doutes.
- Quoi ?
- Quoi 'quoi' ? Tu te doutes quand même que j'ai moyennement apprécié le fait que tu ne sois pas venu me voir pendant mon séjour à l'hôpital, parce que je te le rappel mais tout ceci est ta faute, ta putain de faute ! Hurlais-je, me relevant à moitié dans le lit.
- Oh, doucement, tu te calmes déjà et pas besoin d'élever la voix, je t'entends et si je ne suis pas venu, c'est que je ne pouvais pas, figure toi que j'avais école. Et je trouve ça facile de dire que tout est de ma faute.
- C'est le cas, tu ne penserais pas qu'avec ta bite, rien de ça ne serait arrivé.
- T'entends ce que tu dis ? Je te précise au passage que tu as toujours été consentant.
- Oui, mais ce n'est pas moi qui ait commencé.
- Quelle mauvaise foi, t'es ridicule Bill.

Je me retourne, lui tournant le dos et je le sens se tourner de son côté. Je suis nul, encore une nuit seul.


[ ]


Le réveil qui sonne, dur le matin. Je me lève et pars directement dans la salle de bain me préparer. On tambourine à la porte.

- Sort de là Bill !T'es pas tout seul. Crie ma mère de l'autre côté de la porte.
- Je ne risque pas de l'oublier. Merci.

J'ouvre la porte, faisant face à ma mère, la tête dans le cul et laissant apercevoir une mauvaise humeur matinale ; c'est bien ma veine.

- Maintenant que tu es prêts, y'a des biberons dans le frigo, si tu pouvais prendre la petite et lui donner. Merci.

Je grogne et avant d'avoir pu répondre quoi ce soit, elle enchaîne.

- Et ceci n'est tout simplement pas discutable car je te signale que tu n'as que 14 ans mon petit bonhomme et que je suis toujours ta mère. Je suis plutôt cool, mais là, va falloir faire des efforts.

Elle rentre dans la salle de bain et me laisse tout penaud dans le couloir. Il y a encore peut-être un moyen pour que j'échappe à cette corvée. Je retourne dans la chambre et merde, forcément, Tom s'est levé et a, comme par enchantement, disparu.

Il ne me reste plus qu'à me diriger vers l'antre de la bête. J'ouvre doucement la porte et me dirige vers le lit. Elle est là, paisiblement endormie et si petite. Je la prends dans mes bras tandis qu'elle se réveille doucement, et encore une fois, son regard me fait détourner la tête. Je la change et je me surprends moi-même quand je vois la maîtrise du geste ; c'est un peu grade à faire mais ça va. Elle ne dit rien, elle est vraiment calme. Je la dévisage, essayant de lui trouver un défaut quelconque mais non, c'est vrai qu'elle est parfaite, alors ne me demandez pas pourquoi mais je me sens à moitié fier. Je commence à descendre avec elle plutôt qu'avec mon sac de cours, ce qui me fait penser que je l'ai oublié ; je me dirige donc vers la chambre, récupérant mon sac d'une main tout en tenant le bébé dans l'autre. Je finis par descendre dans la cuisine. Tom est là, assis à une chaise et il me tend un biberon.

- Tiens, il est chaud. Je dois filer. A toute.
- Bonjour à toi aussi.

Encore une fois seul, et en plus, je ne sais même pas comment faire pour lui donner son biberon. Je m'installe sur une chaise, prend le biberon et lui colle dans la bouche. Mais à peine commencé, elle s'étouffe, recrachant le liquide blanc, toute rouge. Je panique complètement.

- Maman, maman, Tom s'étouffe, vient vite je ne sais pas quoi faire. Maman !!!

Ma mère arrive en trombe dans la cuisine, prend la petite dans les bras et lui tapote le dos.

- Tu vois, je savais que c'était une mauvais idée que se soit moi qui le fasse, je suis nul.

Je commence à me diriger vers la porte, passablement énervé.

- Oh non Bill, ça ne se passera pas comme ça. Tu reviens et je te montre comment on fait et la prochaine fois tu n'auras plus à m'appeler.
- Y'aura pas de prochaine fois et je vais être en retard à l'école.

Je file, récupère mon sac et cours prendre mon bus. Direction le collège. Tom est déjà à l'arrêt de bus, avec des potes, fumant sa clope. Tout le monde me regarde mais on me laisse intégrer le groupe sans poser de questions. J'attends dans l'indifférence totale, les discussions sont les mêmes que d'habitude, filles, jeux vidéos, films, profs, cours, mais je suis à cent lieux d'ici. Le car arrive et c'est partit.


[ ]


La journée s'est passée sans grande difficulté. Mon retour n'a pas était aussi pénible que je le pensais ; bien sûr, quelques filles ont voulu me poser des questions mais en voyant que je ne répondais pas, elles n'ont pas insisté. J'ai mangé avec mon meilleur ami et ai passé la journée avec lui, sans qu'il ne pose une seule question sur ce qui vient de se passer, si ce n'est pour savoir si ça allait. Bref, je n'en reviens pas d'oser dire ça mais je resterais bien au collège ; Je n'ai vraiment pas envie de rentrer chez moi. Dans le car me ramenant à la maison, je cogite pas mal et repense à ces derniers mois.

On y est ; je rentre, encore seul vu que Tom est resté fumer avec des potes à l'arrêt de bus. Je pars direct dans ma chambre, enfin celle de Tom. Ni une, ni deux, on frappe à la porte.

- Ta journée s'est bien passée ? Le retour n'a pas été trop difficile ?

Ma mère, le bébé dans les bras, s'assoit à côté de moi. Je sens qu'elle va vouloir qu'on discute. Génial.

- Je pensais à quelque chose tout à l'heure, on pourrait changer son nom et l'appeler Zoé par exemple parce que Tom ...
- Maman, soupirais-je, c'est son prénom et c'est comme ça, on va rien changer du tout.
- Je ne l'appellerais pas comme ça. Mon fils s'appelle comme ça, et en plus ce n'est pas un nom de fille.
- Et alors, jusqu'à preuve du contraire, tu n'es pas sa mère donc ...
- Si tu le prends comme ça, alors garde-la, TA fille. Je voulais aussi te signaler que la crèche a appelé ce matin et que Zoé pourrait s'y rendre dès demain. Tout les matins, ça se passera ainsi dorénavant : tu te lève, la fait manger, le biberon sur position 1, incliné de façon à ce que tu vois des bulles sortir de la tétine, dès qu'elle arrête tu lui tapotes gentiment le dos pour qu'elle fasse un rot puis tu reprends jusqu'à ce qu'elle ait bu la totalité du biberon. Tu l'habilles pour sortir, la met dans son siège auto dans la voiture et tu montes aussi la déposer là bas ; je t'emmènerais au lycée par la suite. La veille, comme ce soir par exemple, pareil tu la fait manger, la couche et prépare son sac. Là-bas, à la crèche, ils s'occuperont de la laver et l'habiller. C'est Gordon qui la récupèrera après ses cours à l'école et la déposera ici.
- Parfait, et elle s'appelle Tom, maman, T.O.M.

Elle claque la porte, et je me retrouve seul, ça devient maladif, avec elle sur le lit, gigotant, des tonnes de devoir à rattraper en plus. Heureusement pour moi, ce bébé est le plus calme du monde et ne bronche jamais, du coup je peux aisément faire mes devoirs. Deux heures plus tard, Tom fit irruption dans la chambre.

- Qu'est ce qu'elle fait là ?
- Maman ne veut plus s'en occuper.
- Ah... Tu fais tes devoirs ?
- Hum, hum.Répondis-je distraitement.
- Tu me fais les miens ?
- Et j'obtiens quoi en échange ?
- Euh, je ne sais pas.
- Moi je sais : tu t'occupes de ton homonyme.
- Quoi ? Mais j'allais me mettre devant la console.
- T'étais déjà devant la console et puis elle ne bouge pas, c'est un vrai légume, comme toi d'ailleurs, vous devriez bien vous entendre.
- Ok, mais pour la faire manger ?
- Demande à maman, elle t'expliquera.
- Je ne la change pas.
- Tu veux que je fasse tes devoirs, oui ou non ?
- Ok, j'ai compris.

Il repartit, le bébé dans les bras et j'étais enfin seul. Oui, c'est contradictoire, je veux jamais être seul mais j'ai un besoin vital de l'être, enfin sans elle. Quand elle est là, je pense trop. Allez comprendre...

[ ]


- A table !

Je descends dîner en famille après avoir fini tout mes devoirs et les siens, et en ayant même eu le temps de me connecter un peu sur le net. Tom et Gordon parlent de musique, ma mère acquiesce par mono syllabe et moi rien, silence radio. Je débarrasse la table et monte directement dans ma chambre. Crevé, je me couche direct ; putain, ce truc m'a vidé de toutes mes forces. Pourtant ça va faire une semaine mais je suis toujours fatigué. Tom me rejoint, s'assoit à côté de moi et allume la télé.

- Ca ne te dérange pas si je regarde ?
- Est-ce que j'ai vraiment le choix ?
- Oh Bill, ne commence pas. Je suis désolé pour hier soir, c'est vrai que j'aurais pu faire un effort pour venir mais je n'étais pas à l'aise dans cet endroit.
- Et moi ?!?! Tu crois que j'étais à ma place ?!
- Je suis désolé, c'est tout ce que je peux dire. Et pour tout le reste aussi.
- C'est rien, je ne t'en veux pas vraiment, j'étais juste en colère hier et puis j'étais tellement seul à l'hôpital.
- Tu ne l'es plus maintenant.

Il me tire vers lui et je m'installe dans ses bras.

- Ca fait du bien de rentrer chez soi.
- Ca s'est bien passé au collège ?

Il me caresse le visage du bout des doigts. Je me sens vraiment bien dans ses bras.

- Oui, quelques filles m'ont questionné mais je n'ai pas répondu et elles ont très vite laissé tomber. Andy m'a juste demandé si ça allait et les profs ne m'ont rien dit de spécial.
- Genre ?
- Genre quoi ?
- Les filles, elles t'ont demandé quoi ?
- Oh, si j'avais eu mal, ce que ça faisait exactement, si c'était une fille ou un garçon, comment le bébé s'appelait, sa taille, son poids, des futures mères pondeuses en puissance quoi.

Il rit aux éclats. Ca faisait vraiment du bien d'être rentré. Il releva mon visage pour m'embrasser ; oui, ça faisait vraiment du bien d'être rentré chez soi et de retrouver ses habitudes. Notre baiser devient plus passionné, ses mains descendent le long de mon dos et passent sous mon tee-shirt. Je soupirais d'aise. Il descendit ses lèvres sur mon cou et commença à m'embrasser partout. Ses mains remontèrent mon tee-shirt.

- Non, pas ce soir, je n'en ai pas envie.
- Muai, je m'en doutais. C'est trop tôt.
- Exactement.
- J'ai entendu parler de ça un jour, dans une émission, comme quoi les femmes qui viennent d'accoucher ont une chute d'hormone et du coup ne sont plus excitées, un truc du genre.
- Oui, un truc du genre, tu regardes trop la télévision toi.

On rigola encore un peu tous les deux puis je me couchais, blottit dans ses bras, pour ne me réveiller que le lendemain matin.


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# Posté le samedi 17 janvier 2009 09:40

Modifié le dimanche 18 janvier 2009 14:18

Chapitre II

Chapitre II
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Le lendemain matin, il n'est pas encore 7h00 que le réveil sonne déjà.

- Pourquoi tu l'as mis si tôt ?
- Peut-être parce que maintenant, il faut que je partage mon temps en deux, répondis-je ironiquement.

Je me défais de ce coussin moelleux qu'est mon frère et je sens cette petite pointe de mécontentement ressurgir en moi. Je ne peux faire autrement que de le trouver un peu lâche dans cette histoire. Je me lève du coup à moitié de bonne humeur, et me dirige vers la salle de bain. C'est vrai que ces derniers temps, je mets un peu plus de temps à me préparer et surtout à m'admirer car j'ai enfin retrouvé mon corps ; pas encore tout à fait, j'ai quelques kilos à perdre au niveau du ventre, mais il n'a plus la forme ronde et difforme qu'il a eut ces derniers mois.

Une fois prêt, je me dirige vers sa chambre ; elle est là, déjà éveillée, regardant partout autour d'elle avec ses grands yeux marron. J'entends quelqu'un venir derrière moi mais n'y prêtant pas plus attention, je la prend dans mes bras et l'installe sur la table à langer.

- Tu ne trouves pas ça bizarre ? M'interrogea ma mère.
- Bonjour maman. Lui répondis-je ironiquement.
- Non, mais Bill, cette nuit tu n'as rien entendu ?
- Non.
- Et ? Insiste-t-elle.
- Et, quoi ?! Arrête de jouer aux devinettes dès 7h30 du matin c'est fatiguant. Et j'ai vraiment d'autres choses à penser.
- Je signalais juste qu'elle n'a pas pleuré cette nuit.
- Tous les bébés ne le font pas.
- A une semaine, si, Bill, tous les bébés mangent à peu près toutes les quatre heures et font très rarement leurs nuits avant les deux voir trois premiers mois. Et Tom lui a donné son dernier biberon avant de se coucher vers 23h00. Elle est déjà minuscule alors si en plus elle ne se nourrit pas... Je pense qu'il faut l'emmener chez le pédiatre.
- Tu le sais surement mieux que moi. Répliquais-je sèchement.
- Le prend pas comme ça Bill, je pense juste à Zoé.
- Tom, maman, TOM, me mis-je à crier.

Ce qui à pour effet de faire aussitôt rappliquer mon cher frère.

- Qu'est-ce qu'il se passe ? Demanda t-il, la tête penchée dans l'embrasure de la porte.
- Rien.

Je ne lève même pas la tête vers lui ; le bébé à l'air un peu surprit de ce haussement de voix et me regarde en essayant de sonder mon regard pour savoir quelle réaction elle doit adopter. Ayant fini de la changer, je la prends dans mes bras puis passe froidement devant ma mère et lui lance :

- Prend un rendez-vous au plus vite s'il te plait, de préférence en dehors des cours, j'en ai assez loupé comme ça pour le reste de l'année.

Je laisse Tom éberlué devant la porte, récupère le reste de mes affaires dans ma chambre et descends la faire manger et essayer d'avaler quelque chose par la même occasion. Je la mets direct dans son siège auto en attendant que le biberon chauffe et commence à manger un bol de céréale.

Je l'observe. Elle est devant moi, pas plus souriante que ça, me fixant, presque méchamment. D'accord, je ne l'ai pas beaucoup aimé depuis le début mais elle pourrait comprendre que c'est difficile. A cause d'elle, toute ma vie est devenue un vrai bordel. Mon frère ne fait plus attention à moi, mes amis se sont éloignés de moi au fur et à mesure que mon ventre s'arrondissait, ma copine m'a évidemment largué, mes voisins ne m'adressent même plus la parole et ma mère ... Mes relations avec elle sont devenues plus que houleuses depuis qu'elle sait. Elle s'était toujours douté qu'il se passait quelque chose entre Tom et moi mais préférait reléguer ses soupçons au rang de choses complètement démentes. Et puis, avec mon frère, on sauvait les apparences avec nos copines. Alors quand j'ai commencé à avoir mal au ventre et que le médecin a diagnostiqué une simple grossesse, je crois qu'elle a simplement pété un câble.

Le tintement du chauffe-biberon me sort de mes pensées ; je lui donne à manger sans la lever de son siège auto quand Tom descend déjeuner.

- T'as peur qu'elle te morde ?!?! Railla t-il.
- Très drôle !
- Tu sais, elle ne t'a rien fait.

Je prononce un 'si' peu sonore dans un soupir las et me contente de baisser encore un peu plus la tête.

- Je sais que je n'ai pas été très présent ces derniers temps et je m'en excuse, mais pour me rattraper, je suis prêt à t'accompagner chez le pédiatre quand tu l'emmèneras.
- Ce n'est pas vraiment de ça dont j'ai besoin.

Je sens les larmes me monter aux yeux ; ce n'est pas possible, j'ai l'impression de ne faire que ça, pleurer... Foutus hormones. Tiens pour ça aussi je lui en veux à elle.

- Qu'est ce que tu veux Bill ?
- Je ne sais pas, je ne sais plus.

Elle rejette la tétine de sa langue en me regardant pour m'interpeller. J'ai saisi, elle veut faire un rot ; je la prends sur moi et lui tapote gentiment le dos pendant que je continu à renifler bruyamment. Et merde, mon tee-shirt propre de ce matin, elle abuse là quand même. Je la repose pas si délicatement que ça dans son siège auto et file en haut pour me changer.

- Hey, doucement, ce n'est pas une poupée, Bill.
- Ca, je le sais mieux que quiconque, je l'ai supportée pendant 8 mois à l'intérieur de moi.

Bill un, Tom zéro. Forcément plus aucun de mes anciens tee-shirt ne me va, à part celui que j'avais mis ce matin ; ils me boudinent tous. Fait vraiment chier. Je prends un vieux pull à col roulé qui traine et redescend. Tom finit de lui donner son biberon donc j'en profite pour aller chercher sa combinaison mais il me la prend des mains violemment.

- Je vais le faire.
- Je ne vais pas faire exprès de la faire tomber Tom.

Sur ce, je le laisse lui et sa fille et m'assoit dans le salon devant la télévision. Ma mère m'appelle, me disant de filer dans la voiture ; la petite est déjà installée, je m'assois donc devant. Ma mère me rejoint et nous partons à la crèche.

- Tom ne peut pas venir, il n'avait pas fini de se préparer.
- Bien sûr maman.

Le voyage se passe dans le calme le plus total. Je commence à descendre de la voiture et me dirige vers l'entrée de la crèche, mais lorsque je me retourne, je vois ma mère toujours dans la voiture. C'est quoi encore son délire ?!

- Heu, tu viens ?
- Non Bill, tu t'y rends seul, je crois que c'est à toi de le faire.

Je sais qu'elle me fait payer ce qu'on a fait, Tom et moi, mais ce que je ne comprends pas, c'est pourquoi elle s'acharne sur moi alors qu'elle ne dit jamais rien à Tom.

Je prends la petite et me dirige à l'intérieur de la crèche. Là, une quadragénaire me saute dessus tout sourire.

- Bonjour, petit bonhomme, tu nous emmènes ta petite s½ur, c'est mignon, ta maman n'est pas encore là ?

Forcément.

- Non et non.

Elle me regarde interloquée.

- Pardon ?
- Non, ce n'est pas ma petite s½ur que je vous emmène et non ma mère ne viendra pas. Ce bébé, c'est ma fille et donc non, sa grand-mère ne viendra pas.
- Excuse-moi mon garçon, on a plus souvent l'habitude de voir les mamans.

Elle le faisait exprès ; Bill, réfléchis, pourquoi penserait-elle que c'est toi la mère ?! Je soupire, lui montrant que je souhaite en finir au plus vite.

- Alors, si je regarde mon listing, notre nouvelle arrivante s'appelle Zoé Kaulitz.

Ce n'est pas vrai.

- Non, c'est Tom, Tom Kaulitz, son carnet de santé vous le confirmera.
- Très bien, jeune homme, alors à ce soir.
- Ce n'est pas moi qui viendrais la chercher, c'est mon beau-père.
- Ah, il va falloir me signer une décharge pour ça.

Génial, comme si je n'étais pas déjà assez en retard avec tout ça. Une fois fait, je m'apprête à quitter cet endroit abominable où l'on entendait des mômes brailler à la mort quand elle me tapote l'épaule. Quoi encore ?!

- Vous ne souhaitez pas lui dire au revoir ?
- Non, c'est bon.

Je m'enfuis en courant, retournant dans la voiture. Direction collège.

- Ca s'est bien passé ?
- Oui, et n'oublie pas de prendre un rendez-vous chez le pédiatre s'il te plait.
- Son sort t'intéresse un peu alors ?

Que voulez-vous répondre à ça ? Non, je la laisserai bien mourir évidemment, ça arrangerait beaucoup de choses, certes, mais quelque chose au fond de moi m'en empêche. J'aurais vraiment aimé la détester du plus profond de mon être, les choses auraient sûrement été plus faciles mais je ne peux pas ; on a partagé le même corps pendant 8 mois et un je ne sais quoi me lit à elle inexorablement.

On arrive devant le collège. Je sors de la voiture tandis que ma mère se retourne vers moi.

- Bonne journée, mon c½ur.
- Muai, toi aussi. A ce soir.

[ ]

Pendant un certain cours de mathématique : Andy est assit à côté de moi et me donne un coup de coude.

- Hey, je pourrais venir chez toi après les cours ?
- Pourquoi ?
- Comme ça.
- Comme ça ?
- Oui, on ferait nos devoirs ensemble et on jouerait à la console, on se raconterait des trucs, histoire de faire comme avant quoi.

Je ne pouvais pas me permettre de perdre encore un ami et encore moins mon meilleur ami. Le seul qui ne m'avait pas répudié lorsqu'il avait su et là où son amitié était vraiment précieuse c'est que lui seul savait au collège, et dans les alentours, qui était le père de cette enfant. Pour tous, je n'étais qu'une chose bizarre, mi-fille, mi-garçon qui avait réussit à se faire engrosser par le premier venu. Je hais vraiment ma vie, parfois.

- Si tu veux mais il sera là.
- Qui ? Demanda t-il d'un air hébété.
- Tom.
- Oui, je sais, tu sais ton frère est aussi mon ami.
- Non, Tom, le bébé.

Je ne sais pas pourquoi mais la confusion d'Andreas me fit sourire.

- Ah ... Ce n'est pas grave, je voulais la voir de toute façon, je me demande à qui elle ressemble le plus.
- Andy, Tom et moi sommes identiques.
- Ah ... C'est à toi qu'elle ressemble le plus.

Le fou rire me quête.

- Non, idiot, Tom et moi sommes frères jumeaux, on est identique, le bébé nous ressemble donc forcément de la même manière.
- Oui, je suis bête, c'est évident.

On riait tout les deux, et à cet instant, je me sentais bien, vraiment bien presque aussi bien que lorsque je suis dans les bras de Tom. Je suis comme mon sexe, versatile, je change d'humeur comme le temps peut s'éclaircir d'un coup après une violente pluie.

[ ]

- Y'a quelqu'un, je suis rentré.

Personne ne répond, je me dirige vers la cuisine suivit d'Andréas sur mes talons. Tom est déjà là, la petite dans les bras lui donnant son biberon, ma mère nous faisant dos en train de préparer à diner.

- Hey ! Tout le monde, j'ai invité Andy, si ça ne dérange pas.
- Salut Tom, bonjour Madame Trümper.
- Andreas, comment ça va ? Vous voulez goûter les garçons ? Sourit gentiment ma mère.
- Moi, je n'ai pas très faim mais Andreas ...
- Tu devrais manger Bill, Tom me regardait droit dans les yeux.
- J'ai quelques kilos à perdre alors la nourriture entre les repas je vais éviter, merci.
- Non, c'est gentil Madame Trümper, je n'ai pas très faim. Je peux la voir ?
- Bien sûr, répondit Tom, souriant, en s'approchant de mon meilleur ami.
- Ouah, elle est très belle.
- Oui, c'est ce que tout le monde s'accorde à dire, tu viens on monte.

Je tire Andreas par la manche et on commence à se diriger vers ma chambre quand ma mère nous interpelle.

- Bill, j'ai eu le pédiatre, on a rendez-vous demain après les cours, je vous attendrais tout les deux à la sortie du collège.
- Ok.
- Et n'oubliez pas de faire vos devoirs, une fois monté dans la chambre.
- Hum, hum.

[ ]

Andreas est partit, je suis descendu pour manger, et suis remonté aussi vite dans ma chambre. Je me mets devant la télévision en espérant que le sommeil arrive au plus vite. Tom rentre, le bébé dans les bras.

- Faudra lui donner son biberon dans deux heures, autant la garder avec nous, ça nous évitera de faire des allers et retours. Et peut-être qu'on l'entendra cette nuit.
- Parce que tu veux la garder toute la nuit dans notre chambre ? Tu sais à l'hôpital, elle ne pleurait jamais la nuit pour réclamer à manger et le médecin ou les infirmières ne m'ont rien dit de spécial. Je crois que Maman essaye juste de me faire chier.
- Bill, arrête ! Ne dis pas ça.
- En plus, elle n'a rien pour dormir ici.
- Et bien va chercher la nacelle de son landau.

Je m'exécute avant qu'on me reproche quoi ce soit mais on ne peut m'obliger à penser que pour être envahissante, elle est envahissante et pourtant elle ne pèse que 2kilos150 (ne me demandez pas comment je sais ce chiffre exact). Je reviens, Tom l'installe dans son landau à côté de lui et on regarde la télé assis dans le lit, côte à côte.

[ ]

Je baille, je suis fatigué, et je commence à m'enfoncer doucement dans le lit, quand je vois Tom se pencher vers le landau et récupérer la petite. Il la prend délicatement pour la poser sur son bras, pour pouvoir, de son autre main retirer le biberon du chauffe-biberon ; il goute d'abord le lait pour voir s'il est à bonne température, regarde la position de la tétine, lui arrange son bavoir et s'installe correctement contre le dos du lit pour lui donner son biberon. Toutes ces choses que je ne fais jamais. Je le regarde, torse nu adossé à la tête de lit, ce petit être entre les bras, et je finis par penser que si ma mère préfère Tom, c'est qu'il est un meilleur parent que moi. Il se retourne vers moi et me sourit.

- Ca va, mon ange ?
- Muai, je suis juste fatigué.

Je me recouche, et je finis par m'en dormir en les regardant tout les deux.

[ ]

Lendemain matin, réveil qui sonne, petite routine habituelle, cette fois-ci personne n'est là pour me faire des remarques et je n'oublie pas le bavoir avant de lui faire faire son rot. Je grimpe dans la voiture, je ne m'attarde pas à la crèche et file au collège.


[ ]

Un bruit de klaxon nous signale que ma mère nous attend sur le parking, dans la voiture, et nous courons la rejoindre ; on fait la course avec mon frère pour savoir lequel de nous deux aura la chance de monter devant. Finalement, je gagne et il s'installe à l'arrière et moi devant. Pendant tout le trajet, jusqu'au cabinet du pédiatre, Tom parle au bébé comme si c'était un chien, ça commence à m'insupporter.

- Arrête Tom où elle va finir complètement attardée.
- Une chance qu'elle ne l'est pas été. Se permit d'ajouter ma mère.
- Maman, cri Tom. Ca suffit avec ça, ce qui est fait est fait et je conçois que tu es du mal à l'accepter mais ainsi va la vie.
- Très joli petit discours, Tom, mais ça ne plait pas du tout de vous voir jouer au papa, maman à seulement 14 ans. Je pensais vous avoir bien éduqué et apprit un minimum comme pas de sexe sans protection ou encore mieux, je ne couche pas avec mon frère mais apparemment tout ce que je dis tombe directement dans l'oreille d'un sourd. C'est bien simple, c'est comme cette histoire de chambre ; Bill devrait retourner dans la sienne, ce n'est pas parce que nous sommes au courant maintenant et que vous le faisiez en cachette avant que dorénavant vous devez nous étaler votre vie conjugale.
- Stop ! C'était à mon tour de crier. Arrêtez-vous tous les deux. Je ne veux plus rien entendre.

On était arrivé ; je descends de la voiture, récupère le bébé au passage et me dirige vers l'entrée du cabinet. Là, dans la salle d'attente, pleins de mère épanouies avec leurs rejetons qui gazouillent ou qui pleurent. Je m'installe et remarque que les deux autres personnes censées m'accompagner ne m'ont pas suivi, pour cause de discussion agitée sur le parking sûrement.

- Tom Kaulitz et ses parents, s'il vous plait.

La porte s'ouvre sur un papi bedonnant, les lunettes sur le bout du nez, un sourire sincère sur les lèvres. Je me lève me dirigeant vers la porte ; l'assemblée se tait, m'épiant, chuchotant des trucs incongrus.

- Entrez jeune homme. Asseyez-vous je vous en prie.

Il me dévisage, toujours ce gentil sourire aux lèvres. Sentant le malaise, il prit de suite la parole.

- Je me présente Docteur Kohan, je suis pédiatre depuis maintenant un peu plus de 20 ans et j'ai aussi une maitrise de psychologie pour jeunes enfants, votre mère a eu mon numéro par votre médecin spécialisé qui m'a retracé votre parcours depuis votre naissance et qui m'a jugé à même de vous suivre toi et ton enfant.

Je ne répondais rien, j'acquiesçais en silence, en même temps je ne savais même pas ce qu'il attendait de moi, ce qu'on attendait de moi.

- Tom, c'est ça ? Me demanda t-il. Fronçant les sourcils, réfléchissant.
- Oui, c'est ça.
- Pourquoi ce nom pour une si jolie petite fille ? Ca doit avoir une signification, je me trompe ?
- En fait, c'est une erreur.
- Elle ne s'appelle pas comme ça ?!?!
- Si, si mais au départ ce n'était pas vraiment voulu ; les circonstances, on fait que j'ai accouché seul, la douleur, la situation, l'horreur que je vivais, j'étais dans une bulle et ne me rendait pas trop compte de ce qui se passait autour de moi, on me parlait, me posait des questions mais la seule chose que j'étais capable de prononcer c'était le nom de mon frère.
- Tom.
- C'est ça.
- Au final, c'est marrant, les gens doivent constamment se tromper.

Il souriait encore et c'était encore sincère, je me sentais à l'aise ici, dans ce bureau près à lui déballer tout ce que j'avais sur le c½ur. Un petit gazouillement me fit revenir très vite à la réalité.

- Alors, qu'est ce qu'elle a cette jeune fille, je peux la voir ?
- Oui, bien sûr.

Je lui tends le siège auto posé à mes pieds, il la prend dans les bras et part l'allonger sur sa table d'auscultation, la déshabille, se retourne vers moi toujours le cul planté sur ma chaise.

- Approchez, et dites moi pourquoi vous êtes venu me voir.

Il continuait à l'ausculter, et après l'avoir pesée et mesurée, il commença à la tripoter, la tordant dans tous les sens, vraiment n'importe comment ; elle se mit à hurler, mais il continuait à l'asticoter dans tout les sens. Je me pose maintenant la question de si ce vieux monsieur, fort sympathique, certes, sait encore ce qu'il fait ?

- C'est normal qu'elle se mette à pleurer aussi fort, elle ne le fait jamais normalement enfin elle ne l'a jamais refait depuis la naissance.

Il étouffa un petit rire et me la tendit à moitié nue en me souriant.

- C'est tout à fait normal, les bébés n'aiment ce genre d'exercices, mais c'est juste le protocole pour voir si tout va bien. Et puis, les mamans sont là pour les consoler après.

Petit clin d'½il, ce vieux est vraiment bizarre.

- Vous ne m'avez toujours pas dit pourquoi vous êtes venu me voir.

J'entreprends de la rhabiller, lui se réinstalle derrière son bureau. Elle commence tout juste à se calmer, son visage est encore rouge de colère et ses poings encore crispés en la voyant ainsi j'ai soudainement mal au c½ur. Je ne peux m'empêcher de lui caresser le visage pour la réconforter.

- En fait, je suis venu vous voir car elle ne réclame pas à manger la nuit et vu son petit poids, je me demandais s'il ne fallait pas la réveiller pour lui donner à manger.
- C'est vrai que c'est une petite crevette.
- Oui, mon frère l'appelle même pt'i bout, lui dis-je, un sourire aux lèvres en repensant à ça.
- Mais c'est loin d'être alarmiste, c'est sa composition et je ne connais pas celle du père mais vous ne m'avez pas l'air très épais non plus. Du moment, qu'elle continue toujours de prendre du poids et que sa croissance est bonne, il n'y a pas à s'inquiéter, le sommeil d'un bébé est très important et si elle ne se réveille pas pour réclamer à manger laissez-la dormir ; il faut peut-être juste augmenter les doses pour les repas dans la journée. Mais une chose est sûre, votre fille est en parfaite santé. Et est même très vive pour un bébé âgé d'à peine une semaine. Félicitations à vous, vous avez fait du très bon travail. Si vous avez des doutes pour quoique ce soit, je peux vous indiquer un planning familiale pas très loin de chez vous qui pourra répondre à toutes les questions que vous vous posez par rapport à votre enfant.

J'encaissais difficilement tout ce qu'il venait de me dire ; la seule chose que je retenais de son long monologue, c'est qu'il me félicitait pour avoir une fille en bonne santé. Ahurissant ! J'installe Tom dans son siège auto, me lève tandis qu'il me tend la main, je le salue et nous ressortons, les regards une fois encore tous dirigés sur nous. Tom et ma mère sont là aussi ; je pars en direction de la voiture sans rien dire.

J'installe Tom dans la voiture et les deux autres me suivent, tout piteux.

# Posté le dimanche 18 janvier 2009 10:54

Modifié le jeudi 22 janvier 2009 14:41

Chapitre III

Chapitre III
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Sur le chemin du retour, quelques minutes de silence après notre départ, ma mère ose enfin parler.

- Alors qu'est ce qu'il a dit ? Me questionna-t-elle, espérant au plus profond d'elle-même que le médecin lui ait donné raison.
- Rien de spécial, tout va bien. Répondis-je avec une certaine satisfaction.

Fin du trajet, toujours en silence. L'avantage avec ce petit déconvenue, c'est que Tom va vouloir se faire pardonner alors à moi les caprices de star ; pour commencer, je vais lui laisser le bébé toute la soirée et c'est lui qui se lèvera demain matin. Bill deux, Tom zéro.

[ ]

A table.

- Je tiens à préciser que je regagne ma chambre, juste pour information.

Tom me dévisage en essayant sûrement de lire une quelconque expression sur mon visage qui lui ferait comprendre que ceci est une blague mais il n'en est rien ; j'ai besoin de prendre de la distance avec tout ça. A la fin du dîner, je m'installe dans le salon dans le but de me détendre un peu en regardant une série niaise à la télévision. La petite est endormie, et j'ai besoin de m'allonger sur le canapé. Je l'installe donc sur le pouf, la mettant sur le ventre ; c'est comme ça qu'elle dort le mieux.

A peine ais-je allumé la télévision que ma mère débarque en me hurlant que la petite va tomber, que je fais n'importe quoi, etc. J'éteins la télévision, passablement énervé et monte dans ma chambre pour commencer mes devoirs quand quelqu'un frappe à ma porte.

- Je peux rentrer ? Tom entre prudemment et reste debout près de la porte.
- Oui, qu'est ce qui se passe ?
- Rien, je voulais juste te parler.
- Hum, hum.

Je garde la tête penchée sur mes devoirs, et l'écoute distraitement, enfin c'est ce que je veux lui faire croire.

- Tu as tout à fait le droit de m'en vouloir pour cette après-midi chez le pédiatre mais je te jure, Bill, tu m'écoutes ?
- Oui, je te jure ... Dis-je d'un ton excédé.
- Que je voulais venir. Ça n'arrivera plus dorénavant, je te le promets.

Ce dernier mot m'interpelle ; ma rage bouillonne à l'intérieur de moi et je ne peux que relever la tête et le fixer. Il reste stoïque, finissant par me regarder droit dans les yeux et donnant un coup de menton dans ma direction pour me dire que c'est à mon tour de parler. Il attend sûrement une absolution de ma part mais il a tord de penser ça.

- Arrête de promettre Tom, car toi et moi, on sait très bien que tu ne tiens pas tes promesses. Maintenant, si je ne dors plus avec toi, ce n'est pas parce que je t'en veux même si j'ai toutes les raisons du monde mais je prends juste un peu de recule avec tout ça ; tu peux comprendre que ça fait beaucoup de changement pour moi en peu de temps. Et puis, tu sais que pour le moment, j'ai rien envie de faire alors je ne te serais pas d'une grande utilité.
- Putain Bill, comment tu peux encore penser une chose pareille ? D'accord, je n'ai pas toujours réussi à faire ce que je t'avais promis une seule fois, une seule putain de fois mais je pense déjà t'avoir prouvé que je t'aime et que le sexe entre nous n'est pas juste une façon de me vider et que je peux être avec toi sans ça.
- Tu dis ça car tu n'as jamais eu à faire le choix.
- Tom, cria ma mère du haut de l'escalier. Descend récupérer Zoé s'il te plait.
- Si ça ce n'est pas non plus pour me faire chier.
- Bill, arrête ... Je lui parlerais.

Tom redescend chercher la petite et part certainement directement la mettre au lit. Il ne reviendra pas et je suis seul dans cette chambre qui m'est totalement inconnue, et qui m'offre comme champ de vision un petit lit à barreaux. Je revois ces derniers mois passés, l'annonce, ma grossesse, le déni des gens...

C'était comme si c'était hier ; je me souviens très bien de cette douleur au ventre, je pleurais toutes les larmes de mon corps en pensant que rien ne pouvait être pire. Je me trompais ; allongé sur le canapé, vomissant parfois, ma mère paniquée au téléphone, appelant le médecin spécialisé qui me suit depuis ma naissance pour lui demander quoi faire. Et nous voilà dans la chambre d'hôpital aux urgences, moi allongé sur le lit, ma mère et mon beau-père m'entourant, Tom en retrait, assis sur le fauteuil. Le médecin vient nous apporter le diagnostic ; je suis encore à cent lieux d'imaginer que c'est ça, enceinte. Je revois ma mère éclater en sanglots, mon beau-père la retenant de tomber à terre et moi regardant Tom désespérément. Il est trop tard pour avorter ; à ce moment précis, je pensais réellement que ma vie s'arrêtait là mais l'être humain est capable de beaucoup pour survivre coûte que coûte. Je ne pleure pas, c'est trop tard maintenant. Je me souviens que ma mère, à ce moment là, est juste partie, mon beau-père la suivant, s'arrêtant un instant.

- Au fait Bill, avec qui as-tu couché sans protection à 14 ans, dis-le moi que je lui explique ma façon de penser à ce vieux pervers.

Je ne réponds rien ; ma mère nous regarde juste mon frère et moi, l'un après l'autre, et s'effondre de plus belle en criant un 'Oh, mon Dieu' plus que désespéré.

Et le cauchemar commença ; la gentille petite vie de Bill Kaulitz venait d'éclater. S'en est suivi 4 mois de durs changements, les reproches de ma mère, le regard des autres, l'abandon des proches ... seul Tom était resté là, à côté de moi.

En repensant à tout ça, je n'ai qu'une envie : dormir, pour encore une fois oublier ce passé oppressant. Et cet avenir qui l'était peut-être encore plus.

[ ]

La routine s'est installée dans mon quotidien, depuis quelques mois maintenant qu'elle partageait ma vie ou plutôt que je lui partageais la mienne. Le pédiatre avait raison, c'est une enfant vive ; elle vient juste d'avoir 6 mois et malgré sa petite taille et son petit poids, elle se tient déjà assise et comprend tout à fait le monde qui l'entoure. Elle essaye tant bien que mal de se relever sur les bras et les genoux pour tenter le quatre patte mais a encore du mal à trouver l'équilibre pour avancer.

Je ne suis toujours pas revenu dans la chambre de mon frère. Oui, il m'est bien arrivé de retourner dans son lit et de me laisser aller dans ses bras après l'amour mais je n'ai pas officiellement réintégrer le lit conjugal, comme le dirait ma mère. Ma mère qui ne me lâche pas pour autant la grappe. J'ai l'impression de faire beaucoup d'efforts pour que ça se passe au mieux mais elle continue sur sa lancée, tout en continuant à m'appeler 'mon c½ur'. J'ai parfois du mal à me comprendre mais je dois dire qu'elle, je ne la comprends pas du tout.

Demain, dernier jour d'école et retour des petites vacances. J'ai passé les dernières à m'occuper du bébé et à rattraper mes retards scolaires. Pour celles-ci, ma grand-mère m'a proposé de garder Tom pendant 2 semaines, soit toutes les vacances pour que je puisse en profiter à nouveau comme un garçon de 14 ans. J'ai donc réparti mon temps de la manière suivante : farniente, console, farniente, shopping avec Andreas, lecture, coiffeur, farniente de nouveau, bref, que du temps pour moi et rien que pour moi.

Je soupire d'aise dans mon lit, enfin, dans celui de Tom, et enlacé à lui, je me laisse emporter par le sommeil.

[ ]

- Tom, Tom, réveille-toi. Un bruit strident m'a sorti de mon sommeil. Je ne sais pas trop ce que c'est mais ...
- Hum, qu'est ce qui y'a ?
- Écoute, t'entends ? Non, ce n'est pas un chat, j'en suis sûr maintenant.
- Non mon ange, j'entends rien, rendort toi, demain faut se lever tôt.
- Tom, je t'assure que la petite pleure.

Je me lève et me dirige vers sa chambre, c'est sûr elle pleure et à vrai dire ça m'inquiète ; ce n'est que la troisième fois qu'elle me fait ça, et en pleine nuit cela ne laisse rien présager de bon... Oh non, me dites pas qu'elle a réussi à tomber malade ; à coup sûr ma grand-mère ne voudra pas la garder et mes vacances vont être fichues. J'ouvre la porte passablement énervé, m'approche du lit, et je l'aperçois se tordant de douleur, le visage rouge, de la bave lui coulant de la bouche. Elle a l'air d'avoir vraiment mal, ses larmes coulent à flot le long de ses joues, ses poings sont crispés à côté de sa tête, en voyant ça je reçois encore ce fichu pincement au c½ur et me sens coupable d'avoir pu penser quelques minutes plus tôt qu'elle allait gâcher mes vacances. Je la prends dans mes bras, essayant de la calmer et me rends compte de la chaleur de son corps.

- Qu'est ce qui se passe ?
- Je crois qu'elle est malade Tom.
- Ne bouge pas, j'appelle maman.

Je continue à la bercer dans mes bras, lui chantonnant le premier air qui me vient par la tête mais rien n'y fait, elle ne s'arrête pas. Je me sens désemparé.

- Montre la moi mon c½ur.

Je lui tends le bébé, mais à peine a-t-elle vu qu'elle avait changé de bras et qu'elle avait atterri dans ceux de ma mère que ses hurlements redoublèrent.

- Maman, redonne-la-moi.

Je n'en reviens pas d'avoir dit ça.

- Qu'est ce qui se passe Maman ?
- Ce n'est pas grand-chose, je pense, met un doigt à l'intérieur de sa bouche.
- Hein ? Lui répondis-je interloqué.
- Passe ton doigt sur ses gencives, Bill

Avec les yeux aussi ébahis que ceux de mon frère, je passe mon doigts sur ses gencives et... C'est vrai, je sens quelque chose.

- Elle fait juste ses premières dents. Je vais chercher des anti-inflammatoires et un gant imbibé d'eau ; continue de lui masser les gencives.
- C'est les dents de devant, Tom, on les sent vachement bien, je suis sûr d'avoir dit cette phrase sur un ton niais. Pathétique.

Tom s'approche de moi et du bébé, se penche vers elle et me regarde droit dans les yeux.

- Je peux voir ?
- Bien sûr, mais va d'abord te laver les mains.
- Et toi alors ?
- Moi, je n'ai pas mis mes doigts dans le cul de quelqu'un tout à l'heure, pouffais-je.

Il revient, juste après que ma mère ait donné son médicament à la petite et m'ait tendu le gant mouillé pour lui masser les gencives avec.

- Vous essayez de l'étouffer ?
- T'es bête, alors tu veux toujours sentir ses dents ?
- Un peu mon neveu.

Il passe derrière mon dos, se penche au dessus de moi pour la regarder et commence à introduire son doigt dans sa bouche pour lui toucher les gencives, son visage s'éclairant au fur et à mesure.

- Ouah, c'est dément comme truc. On les sent vachement bien.
- Je te l'avais dit.
- Pourquoi cette réunion Tupperware à 4 heures du matin ? Intervient Gordon au seuil de la porte.
- P'ti bout fait ses premières dents, répondit Tom en bombant le torse.

Gordon et ma mère nous regardaient d'un air amusé, aimant, et je me laissais à penser qu'à cet instant, toutes les tensions des derniers mois étaient parties.

- En tout cas, avec ses deux dents devant, ses joues rosies et la bave lui coulant de la bouche, le mythe de la fille magnifiquement parfaite risque d'en prendre un sacré coup.

Tous éclatèrent de rire à ma remarque ; personne n'était vraiment fatigué maintenant et Gordon proposa de descendre prendre une boisson chaude avant de regagner nos lits. On descendit donc tous, berçant la petite chacun notre tour, et enfin rendormie, on se recoucha pour entendre sonner le réveil seulement quelques heures plus tard.

Ma mère avait pris sa journée pour garder la petite, pas de crèche pour elle dans cet état. Et nous devions la déposer ensemble chez mamie en revenant du collège.

[ ]

Je rentre du collège avec Tom à mes côtés, appelant maman.

- Je suis là les garçons.

Elle était avachie dans le fauteuil du salon en train de regarder une émission d'intello.

- Où est Tom, maman ?
- Derrière toi mon c½ur.
- Maman, je parlais du bébé, elle est où ?
- Ah ... Pardon, chez mamie je l'ai déposée tout à l'heure, je ne voulais pas louper cette émission.

Ce n'est pas vrai, elle n'a pas fait ça. Je pousse mon frère, énervé, monte dans la chambre et claque la porte. Je jette mon sac par terre, et met la musique à fond. Tom arrive, et éteint direct la chaine hifi.

- Qu'est ce que tu fais ? Lui demandais-je, agacé.
- Qu'est ce qui te prend de t'énerver comme ça ?
- Elle m'énerve c'est tout.
- Pourquoi ? Ce n'est pas ce qui était convenue que Tom passe les vacances chez mamie.
- Non enfin si mais on devait la déposer ensemble, je n'ai même pas pris le temps de vérifier son sac.

Sur ce, je me précipite dans sa chambre, et bingo, elle n'a même pas pris son doudou alors qu'elle sait très bien que c'est ce qui la calme, ce petit bout de lapin en tissu éponge. Et voilà, c'est ce que je voulais éviter par-dessus tout et que je craignais ; j'ai une énorme boule dans la gorge. Fait chier. Tom me rejoint et m'enlace en passant ses mains autour de mon ventre, posant sa tête dans mon coup, nous berçant doucement.

- Hey ! Mon ange, ce n'est pas grave, on ira la voir tout à l'heure après que maman ait finie son émission stupide et tu lui donneras son doudou et toutes les autres choses qui pourraient lui manquer.
- Hum, hum, acquiesçais-je de la tête, je ne lui ai même pas dit au revoir.
- Tu le feras, mon ange, tu le feras.

Il releva sa tête puis m'embrassa le front, se décollant de moi, mettant ainsi fin à notre étreinte et me laissant seul, le doudou éponge dans les mains.

[ ]

Après rudes négociations de la part de Tom, ma mère a finalement accepté de faire un aller-retour chez mamie pour ramener les derniers trucs qui manquaient.

- Oh, qu'est ce que vous faites là ?
- Bonjour mamie, j'ai juste oublié quelques affaires dans le sac que j'avais préparé. Tiens c'est son doudou, elle aime bien l'avoir pour s'endormir. Ah et tiens, c'est une cassette où Tom joue de la guitare, ça l'apaise quand elle s'agite de trop. Et maman t'as dit pour ses dents ?
- Oui, mon poussin, j'ai les médicaments et la crème pour les gencives, aucun problème.
- Ah oui, et elle commence à manger des petits pots mais elle n'aime pas ceux aux carottes. Et ne la couche pas tout le temps sur le dos sinon elle aura la tête toute plate. Je t'ai apporté son grand miroir aussi, elle adore regarder son reflet.
- Ce n'est pas ta fille pour rien en somme, elle n'aime pas les légumes et passe son temps devant la glace, rigola ma grand-mère.

Ma mère et Tom se trouvaient dans le salon avec mon grand-père, et heureusement, sinon ils auraient entendu ce grand déballage plutôt gênant.

- Tu veux la voir ? Me demanda-t-elle tout sourire.
- Non, elle doit dormir.
- Tu peux, elle est dans la pièce juste à côté.
- D'accord mais c'est juste pour lui donner son doudou.

Je vis ma grand-mère esquisser un sourire et me dirigea vers la chambre. Tom me rejoint.

- Attends, je viens avec toi, je veux la voir.

On entra à pas de loup, et nous dirigeâmes vers le berceau ; elle ne dormait pas, mais alors pas du tout. Elle avait les yeux grands ouverts, occupée à gazouiller et à chercher désespérément à attraper les jouets de son mobile. Elle s'arrêta, nous regardant de ses grands yeux marron, nous souriant à pleine bouche.

- Je ne peux pas Tom, non je suis désolé, je ne peux pas. Mon c½ur se resserre au fur et à mesure que je la contemple.
- Comment ça tu ne peux pas ? Me demanda t-il, surprit.

Je me retourne vers lui, et le regarde droit dans les yeux. Il faut que j'arrête de la regarder sinon je sens que je serais capable de juste la kidnapper et partir loin d'ici avec elle. Qu'est-ce qu'il m'arrive ?

- Je ne peux pas la laisser là. Constatais-je dramatiquement.
- Mais c'est toi qui disais que t'avais besoin de vacances, d'espace.
- Oui, oui.
- En plus, il t'arrive de ne pas t'en occuper de la soirée parfois et ça ne te dérange pas.
- Tom, arrête, ça n'a strictement rien à voir, c'est comme la laisser à la crèche, ce n'est pas définitif.
- Ca ne l'est pas là non plus. Essaye t-il de me rassurer.
- Si, enfin plus que si c'était juste pour la journée. Deux semaines Tom, deux putains de semaines, non, je suis désolé, j'ai beau être le parent le plus indigne de toute la planète, la pire mère au monde même, lui en vouloir pour à peu près tout ce qui m'arrive, mais, mon Dieu, je ne reviens pas de le dire et à haute voix en plus, mais c'est ma fille Tom et je ne me sens pas capable d'en être séparée pendant 2 semaines, ni-même, je te l'avoue, pendant 2 jours. Alors, on remballe les affaires et on rentre à la maison.

Mon Dieu, je l'ai dit.

- T'es vraiment sûr de ce que tu fais, parce que si c'est pour t'entendre geindre tous les jours comme aux dernières vacances qu'elle te pourrit la vie, c'est même pas la peine ; tu prends sur toi, lui dit bonne nuit et la laisse ici.
- Tom. Le suppliais-je sans savoir vraiment pourquoi.
- Quoi ?!?!
- J'ai vraiment besoin de vacances, et prendre du temps pour moi.
- Alors laisse là.
- Non, ça je ne peux pas, je te jure, j'essaye de quitter cette pièce, je me repasse tout les malheurs que j'ai vécu ces derniers mois en lui en incombant la faute mais même ça n'y change rien, c'est la pire chose qui me soit arrivé dans ma vie mais c'est aussi incontestablement la plus belle.

Je suis sûr de faire un cauchemar éveillé. Je ne vois pas d'autres explications à ce déballage de sentiments.

- Ok, et bien on va aller annoncer ça à tout le monde.

Reprends-toi Bill. Reprends-toi.

- Doucement Tomi, ceci est surement dû à une chute d'hormones un peu tardive et une fois que je me serrais réveillé demain matin, je regretterais à coup sûr ce que j'ai osé t'avouer ce soir et qui ne se réitérera plus, je le précise. On va plutôt faire autrement, on retourne dans la salle à manger, on annonce à tout ce beau monde que, à bien y réfléchir, on a surtout besoin de prendre de la distance entre nous et que par conséquent, je dors chez les grands parents. Demain, tout ça ne sera qu'un vague souvenir et je pourrais lâchement abandonner Tom aux mains de ses grands parents et passer ces putains de vacances à m'occuper de moi et seulement moi.
- Si c'est ce que tu souhaites.
- Hum, hum.

Tom part en direction de la salle à manger et avant de lui emboiter le pas, je me retourne vers elle et me penche pour l'embrasser sur le front.

- Hey, mon ange, maman revient tout de suite.

Elle me sourit et je la déteste pour ça. Oui, demain, je pourrais la laisser et tout redeviendra normal.

# Posté le dimanche 18 janvier 2009 11:20

Modifié le dimanche 01 février 2009 08:58