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_______ • • •Elle est là devant moi, une toute petite chose qui hurle à la mort. Je suis complètement inconscient de ce qui se passe autour de moi ; j'ai les entrailles déchirées et ne pense qu'à une chose : sortir d'ici, oublier tout ça. Mais c'est impossible ; elle crie encore et encore et personne ne songe à vouloir l'arrêter. J'ai maintenant un sérieux mal de tête et toujours ce foutu mal de bide enfin ... je les sens me recoudre et me dire que dorénavant, je suis définitivement un garçon... un garçon. J'ai toujours été un garçon. Une infirmière s'approche de moi, me la tend, nue et tout juste lavée ; je ne peux pas, je pleure, renifle, hurle... Rien ne peut m'arrêter. On me parle, me pose des questions mais je n'entends rien ; je prononce juste inlassablement son nom : « Tom, Tom, ... »
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• • • ]
Il fait noir, je me sens nauséeux et la douleur entre mes jambes n'est pas partie. Je suis dans ma chambre et tout est calme autour de moi, à part peut-être le ronflement de ma colocataire. J'étais bien à demi endormit. Puis dans la nuit paisible, on entendit un cri perçant, à réveiller tout l'étage ; ma colocataire se réveille et se penche sur le berceau en plastique situé juste à côté de son lit puis elle me fixe, gênée.
- Désolée, c'est l'heure de la tété.
La tété ; quel mot répugnant. Et dire que j'avais demandé à être seul dans ma chambre, non, encore une fois, on ne m'a pas écouté. Ca m'énerve, je me retourne vers la fenêtre tandis que les cris ont arrêté et que l'on n'entend plus que le bruit d'une déglutition sonore. Et c'est là, en me retournant, que je tombe sur elle. Encore une fois, on ne m'avait pas écouté et son berceau en plastique était là, juste à côté moi. Mon mal de tête revenait et je n'ais qu'une envie, à l'instant même, c'est sortir de cette chambre mais cette douleur m'en empêche.
- Elle ne pleure pas ?
Ce n'est pas possible ! Elle veut qu'on joue à faire ami-ami où quoi ?!
- Non, répondis-je brutalement pour lui faire comprendre que ceci était la fin de notre non conversation.
Elle se tut et repris son activité de vache à lait. Mon Dieu, ce que je hais cet endroit. Dormir pour oublier. C'est ça... oublier.
J'entends des bruits à côté de moi mais fait mine de rien ; le monde peut bien se passer de moi encore quelques heures.
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Un souffle chaud sur mon cou, des brides de lumières me piquant les yeux, une voix qui m'interpelle... Non, je me réveille. J'étais si bien et cette douleur toujours là... Je me retourne et ouvre mes yeux péniblement.
- Hey ! Salut, mon ange, ça va ? Bien dormi ?
- Hum, hum.
Il me regarde avec tant d'amour et m'embrasse doucement sur les lèvres. Cette sensation, c'est tellement agréable que j'en veux plus, plus de contact. Penché vers moi, j'en profite pour le rapprocher encore plus en le tirant par les épaules et il m'enlace. A peine le temps que je m'enivre de son odeur, ma tête enfouie dans son cou, que quelqu'un nous interpelle.
- Excusez-moi de vous déranger mais ça va être l'heure des soins et du petit-déjeuner. La voix de l'infirmière me tire doucement de ma léthargie.
Il se relève et part en direction du berceau en plastique pendant que l'infirmière tire le rideau me séparant de la vue de ma colocataire de chambre pour ensuite soulever mes draps et me prodiguer mes soins. Aie, qu'est ce que c'est douloureux.
- Détendez-vous, jeune homme, je nettoie juste la plaie, les fils se résorberont d'eux même d'ici quelques jours. Que voulez-vous manger ?
- J'ai pas faim.
- Je vous apporte tout de même quelque chose. La sage femme arrive.
- Je n'en ai pas besoin, répondis-je sèchement.
- Bill, dit Tom d'un ton excédé. Un effort s'il te plait.
Un effort, quel effort ?
- J'en reviens pas que tu l'ais appelée Tom.
Il n'a rien compris, mais alors rien du tout ; exaspérant lui aussi. Il est là, à côté du berceau, la touchant elle ; tout le monde a son attention à elle, alors que moi, je n'ais personne. La sage femme arrive, nous précisant qu'il va falloir la faire manger, puis lui donner son premier bain, la changer, etc. Sur ce, je lui réponds que je suis fatigué et que j'ai un mal de crâne pas possible. Elle se retourne vers Tom qui, lui, prétexte une course imminente à faire. Il m'embrasse sur le front et me dit qu'il revient vite. La sage femme soupire et se contente de faire tout ce qu'elle vient de nous énumérer. Repue et propre, on la recouche dans son berceau transparent avant de m'annoncer qu'un médecin viendra nous voir pour vérifier que tout va bien pour elle comme pour moi.
Je me recouche. Mon Dieu, cette situation est si étrange et je me sens si mal.
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• • • ]
- Hey ! Mon c½ur. Ca va ?
- Salut Bill !
C'est pas vrai, pas moyen d'être tranquille ici. Ma mère et mon beau-père viennent d'arriver et avant même d'attendre ma réponse, ils se précipitent vers le berceau.
- Je peux la prendre, me demande ma mère, un sourire jusqu'aux yeux.
- Bien sûr.
- Ce qu'elle est mignonne, tu ne trouves pas Gordon ?
- Si, très, mais qu'est ce qu'elle est petite... enfin menue.
- Tu sais à la naissance, les jumeaux aussi l'étaient ; elle leur ressemble un peu d'ailleurs. Tu veux la prendre mon chéri ?
- Oui, donne la moi que je fasse connaissance avec ma petite fille.
Gordon se met à la dorloter, un énorme sourire étiré sur les lèvres.
- Oh, mon Dieu, ce qu'elle est adorable.
- Tu vois, je te l'avais dit, elle est magnifique.
- Mais légère, je ne voudrais pas être alarmiste mais le bébé à côté à l'air en meilleure santé.
- Tu n'y connais strictement rien, le coupais-je.
- Pardon Bill, je ne voulais pas être désagréable. Tu dois être fatigué, ta mère et moi allons te laisser, tes grands parents viendront te voir une fois que vous serez rentrés à la maison. Nous repasserons demain, quand tu auras vu le médecin.
- Je veux rentrer et au plus vite, c'est tout et pourquoi on me l'a mis dans ma chambre ?
Gordon la repose dans son berceau, la recouvrant et ma mère prit la parole.
- Bill, on n'est pas comme dans toutes ces séries américaines... En Allemagne comme dans beaucoup d'autres pays Européens, il n'existe pas de pouponnière sauf en demande justifiée. Ton enfant va bien, tu vas bien, il n'y a pas de raison que vous soyez séparés et puis tu devrais peut-être prendre un peu sur toi et commencer à grandir un peu. A demain.
Et ils partent, me laissant seul, seul avec elle, ma colocataire de chambre et son gosse qui ne fait que brailler.
La journée se passe, rien de palpitant. Le médecin vient nous voir, rien d'anormal, on devrait sortir d'ici trois jours ; oui 'on', cette chose part avec moi. La sage femme revient plusieurs fois pour s'occuper d'elle et la nourrir en me complimentant. J'ai pourtant rien fait d'extraordinaire mais à tous les entendre, j'ai limite enfantée une déesse. Pathétique. Tom n'est pas revenu, je suis donc encore seul. Et je m'ennuie.
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Mes parents sont repassés dans la semaine mais pas Tom. La sage femme s'occupe toujours des soins du bébé, aussi bien change que nourriture, mais aujourd'hui, c'est le départ. Je me suis levé tôt ce matin et je peux enfin marcher ; la douleur s'étant estompée, je suis allé prendre une bonne douche, me suis maquillé, coiffé, habillé... Et ça fait vraiment du bien de se retrouver.
Je feuillète un magasine pour faire passer le temps quand on frappe à la porte et là, qui vois-je arriver ? Toute la famille de l'autre pignouf, le petit surnom affectueux que j'ai donné au gamin à côté. Et c'est parti pour les effusions, et les exclamations bruyantes.
- Je peux voir le votre ? M'interpelle une jeune file.
- Nié ?!?!
- Votre bébé, je peux le regarder, mon neveu est mignon mais ma s½ur m'a dit que votre fille était tout simplement magnifique.
Pas le temps de répondre quoi que ce soit qu'elle avait déjà fait le tour et se penchait sur le berceau.
- Qu'est ce qu'elle est belle, elle est adorable, son visage, on dirait un ange. Elle a l'air calme.
- C'est facile, je ne l'ai jamais entendue pleurer depuis qu'elle est arrivée, répond ma colocataire de chambré. Même quand Ulrich pleure en plein milieu de la nuit, elle ne se réveille pas pour autant. Et elle ne réclame jamais à manger... c'est bien simple, on pourrait croire qu'elle est muette.
- Elle l'est ?
- Bien sûr que non Blandine. Ne sois pas idiote.
- Merci de te moquer de moi grande s½ur.
Elles se regardèrent avec un sourire complice comme on a l'habitude de faire Tom et moi. Tom, qui n'était même pas revenu, ce qui commence vraiment à m'agacer.
- C'est ce que je disais, c'est un ange. Vous avez beaucoup de chance de l'avoir. Mais attendez, je crois qu'ils se sont trompés de berceau... Y'a une étiquette bleu avec 'Tom' écrit dessus.
- Non, non, ce n'est pas une erreur, elle s'appelle effectivement Tom, lui dis-je en souriant niaisement. C'est le nom de son père.
- Ah, pardon, j'ai toujours la fâcheuse manie de mettre les pieds dans le plat. Elle est très belle en tout cas.
Et elle s'en retourne auprès du pignouf et sa mère. Ma mère arrive, seule, et commence à discuter avec la famille d'à côté avant de se diriger vers moi, tout sourire.
- Hey ! Mon c½ur, prêt à rentrer à la maison ?
- Oui, mes affaires sont prêtes, y'a plus qu'à y aller.
- J'ai apporté une petite combinaison, tu lui passes et la met dans son siège auto et on est parti.
- Non.
- Quoi, non ? Je dois aller signer les derniers papiers alors t'es mignon, tu baisses d'un ton et tu fais ce que je te dis ou je repars et te laisse là, c'est compris ?
Ca ne me plait pas du tout ; je continue à regarder ma mère droit dans les yeux et tout les regards de la famille d'à côté sont braqués sur nous.
- T'as compris ?
- La sage femme peut peut-être le faire, c'est son boulot après tout.
- Bill, ne réponds pas sur ce ton et non ce n'est pas son boulot. C'est bien simple, si tu ne te décides pas à le faire seul, tu restes ici.
Si les yeux de ma mère pouvaient lancer des éclairs, je serais déjà mort foudroyé. Je me résigne, mais vraiment parce que j'ai envie de quitter ce putain d'endroit. Ma mère sort. Fait chier quand même.
Je tire le berceau vers moi et me penche au dessus. Elle est là, somnolente dans son petit pyjama blanc. C'est vrai qu'elle est mignonne, mais de là à dire qu'elle est magnifique et qu'elle ressemble à un ange, faut pas pousser quand même. Et merde, je ne sais même pas comment la prendre, ni comment lui enfiler sa putain de combinaison. Bon, j'arrête de me torturer l'esprit et m'affole un peu sinon on y est encore demain.
Je la découvre et la prends dans mes bras, elle ouvre les yeux, me fixant intensément. Aie, ça fait mal, ce regard. Je la pose délicatement sur le lit et commence à l'habiller ; elle gigote un peu mais je m'en sors pas trop mal et après quelques minutes, la voilà habillée. Je l'installe dans son siège auto au moment où ma mère revient.
- Prêts ? On y va alors.
Je prends mon sac, ma mère le siège auto. On salut toute la famille à côté, et je m'approche du pignouf pour voir celui qui m'a gâché mes dernières nuits. Mon Dieu ce qu'il est laid ; c'est sûr à côté ma fille, ma fille qu'est ce que je dis, bref elle est magnifique.
Le trajet en voiture se passe dans un silence pesant. On arrive enfin et sans attendre une seconde de plus, je prends mes affaires puis me précipite dans la chambre de Tom qui est aussi la mienne. A défaut de ne pas y trouver mes affaires, j'y dors toutes les nuits. Je me jette sur le lit de son côté et respire son odeur ; on dirait un toxico en manque. Plus que pathétique.
Quelqu'un frappe à la porte ; ma mère.
- On a fait quelques petits changements dans ta chambre.
- Quoi ?!?!
Ok, j'y suis jamais, mais quand même. En ouvrant la porte, je découvre que mon lit deux places à été remplacé par un lit une place, une commode avec table à langer le séparant d'un lit à barreaux. Pourquoi ma chambre ? Fait vraiment chier.
- Je vais me coucher, je suis fatigué, je reprends l'école demain, tu peux t'en occuper.
- J'ai le choix ? Répondit ma mère ironiquement.
Je file dans la chambre de Tom, me dévêts, m'allonge et putain, pas un bruit. Je peux enfin m'endormir.
Au milieu de la nuit, Tom arrive, claque gentiment la porte, et après avoir fait un boucan pas possible, décide de se coucher. Il m'enlace par la taille, me rapprochant de lui, commençant à m'embrasser dans le cou.
- Salut, mon ange, ça va ?
- Non, mais je suppose que tu t'en doutes.
- Quoi ?
- Quoi 'quoi' ? Tu te doutes quand même que j'ai moyennement apprécié le fait que tu ne sois pas venu me voir pendant mon séjour à l'hôpital, parce que je te le rappel mais tout ceci est ta faute, ta putain de faute ! Hurlais-je, me relevant à moitié dans le lit.
- Oh, doucement, tu te calmes déjà et pas besoin d'élever la voix, je t'entends et si je ne suis pas venu, c'est que je ne pouvais pas, figure toi que j'avais école. Et je trouve ça facile de dire que tout est de ma faute.
- C'est le cas, tu ne penserais pas qu'avec ta bite, rien de ça ne serait arrivé.
- T'entends ce que tu dis ? Je te précise au passage que tu as toujours été consentant.
- Oui, mais ce n'est pas moi qui ait commencé.
- Quelle mauvaise foi, t'es ridicule Bill.
Je me retourne, lui tournant le dos et je le sens se tourner de son côté. Je suis nul, encore une nuit seul.
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Le réveil qui sonne, dur le matin. Je me lève et pars directement dans la salle de bain me préparer. On tambourine à la porte.
- Sort de là Bill !T'es pas tout seul. Crie ma mère de l'autre côté de la porte.
- Je ne risque pas de l'oublier. Merci.
J'ouvre la porte, faisant face à ma mère, la tête dans le cul et laissant apercevoir une mauvaise humeur matinale ; c'est bien ma veine.
- Maintenant que tu es prêts, y'a des biberons dans le frigo, si tu pouvais prendre la petite et lui donner. Merci.
Je grogne et avant d'avoir pu répondre quoi ce soit, elle enchaîne.
- Et ceci n'est tout simplement pas discutable car je te signale que tu n'as que 14 ans mon petit bonhomme et que je suis toujours ta mère. Je suis plutôt cool, mais là, va falloir faire des efforts.
Elle rentre dans la salle de bain et me laisse tout penaud dans le couloir. Il y a encore peut-être un moyen pour que j'échappe à cette corvée. Je retourne dans la chambre et merde, forcément, Tom s'est levé et a, comme par enchantement, disparu.
Il ne me reste plus qu'à me diriger vers l'antre de la bête. J'ouvre doucement la porte et me dirige vers le lit. Elle est là, paisiblement endormie et si petite. Je la prends dans mes bras tandis qu'elle se réveille doucement, et encore une fois, son regard me fait détourner la tête. Je la change et je me surprends moi-même quand je vois la maîtrise du geste ; c'est un peu grade à faire mais ça va. Elle ne dit rien, elle est vraiment calme. Je la dévisage, essayant de lui trouver un défaut quelconque mais non, c'est vrai qu'elle est parfaite, alors ne me demandez pas pourquoi mais je me sens à moitié fier. Je commence à descendre avec elle plutôt qu'avec mon sac de cours, ce qui me fait penser que je l'ai oublié ; je me dirige donc vers la chambre, récupérant mon sac d'une main tout en tenant le bébé dans l'autre. Je finis par descendre dans la cuisine. Tom est là, assis à une chaise et il me tend un biberon.
- Tiens, il est chaud. Je dois filer. A toute.
- Bonjour à toi aussi.
Encore une fois seul, et en plus, je ne sais même pas comment faire pour lui donner son biberon. Je m'installe sur une chaise, prend le biberon et lui colle dans la bouche. Mais à peine commencé, elle s'étouffe, recrachant le liquide blanc, toute rouge. Je panique complètement.
- Maman, maman, Tom s'étouffe, vient vite je ne sais pas quoi faire. Maman !!!
Ma mère arrive en trombe dans la cuisine, prend la petite dans les bras et lui tapote le dos.
- Tu vois, je savais que c'était une mauvais idée que se soit moi qui le fasse, je suis nul.
Je commence à me diriger vers la porte, passablement énervé.
- Oh non Bill, ça ne se passera pas comme ça. Tu reviens et je te montre comment on fait et la prochaine fois tu n'auras plus à m'appeler.
- Y'aura pas de prochaine fois et je vais être en retard à l'école.
Je file, récupère mon sac et cours prendre mon bus. Direction le collège. Tom est déjà à l'arrêt de bus, avec des potes, fumant sa clope. Tout le monde me regarde mais on me laisse intégrer le groupe sans poser de questions. J'attends dans l'indifférence totale, les discussions sont les mêmes que d'habitude, filles, jeux vidéos, films, profs, cours, mais je suis à cent lieux d'ici. Le car arrive et c'est partit.
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La journée s'est passée sans grande difficulté. Mon retour n'a pas était aussi pénible que je le pensais ; bien sûr, quelques filles ont voulu me poser des questions mais en voyant que je ne répondais pas, elles n'ont pas insisté. J'ai mangé avec mon meilleur ami et ai passé la journée avec lui, sans qu'il ne pose une seule question sur ce qui vient de se passer, si ce n'est pour savoir si ça allait. Bref, je n'en reviens pas d'oser dire ça mais je resterais bien au collège ; Je n'ai vraiment pas envie de rentrer chez moi. Dans le car me ramenant à la maison, je cogite pas mal et repense à ces derniers mois.
On y est ; je rentre, encore seul vu que Tom est resté fumer avec des potes à l'arrêt de bus. Je pars direct dans ma chambre, enfin celle de Tom. Ni une, ni deux, on frappe à la porte.
- Ta journée s'est bien passée ? Le retour n'a pas été trop difficile ?
Ma mère, le bébé dans les bras, s'assoit à côté de moi. Je sens qu'elle va vouloir qu'on discute. Génial.
- Je pensais à quelque chose tout à l'heure, on pourrait changer son nom et l'appeler Zoé par exemple parce que Tom ...
- Maman, soupirais-je, c'est son prénom et c'est comme ça, on va rien changer du tout.
- Je ne l'appellerais pas comme ça. Mon fils s'appelle comme ça, et en plus ce n'est pas un nom de fille.
- Et alors, jusqu'à preuve du contraire, tu n'es pas sa mère donc ...
- Si tu le prends comme ça, alors garde-la, TA fille. Je voulais aussi te signaler que la crèche a appelé ce matin et que Zoé pourrait s'y rendre dès demain. Tout les matins, ça se passera ainsi dorénavant : tu te lève, la fait manger, le biberon sur position 1, incliné de façon à ce que tu vois des bulles sortir de la tétine, dès qu'elle arrête tu lui tapotes gentiment le dos pour qu'elle fasse un rot puis tu reprends jusqu'à ce qu'elle ait bu la totalité du biberon. Tu l'habilles pour sortir, la met dans son siège auto dans la voiture et tu montes aussi la déposer là bas ; je t'emmènerais au lycée par la suite. La veille, comme ce soir par exemple, pareil tu la fait manger, la couche et prépare son sac. Là-bas, à la crèche, ils s'occuperont de la laver et l'habiller. C'est Gordon qui la récupèrera après ses cours à l'école et la déposera ici.
- Parfait, et elle s'appelle Tom, maman, T.O.M.
Elle claque la porte, et je me retrouve seul, ça devient maladif, avec elle sur le lit, gigotant, des tonnes de devoir à rattraper en plus. Heureusement pour moi, ce bébé est le plus calme du monde et ne bronche jamais, du coup je peux aisément faire mes devoirs. Deux heures plus tard, Tom fit irruption dans la chambre.
- Qu'est ce qu'elle fait là ?
- Maman ne veut plus s'en occuper.
- Ah... Tu fais tes devoirs ?
- Hum, hum.Répondis-je distraitement.
- Tu me fais les miens ?
- Et j'obtiens quoi en échange ?
- Euh, je ne sais pas.
- Moi je sais : tu t'occupes de ton homonyme.
- Quoi ? Mais j'allais me mettre devant la console.
- T'étais déjà devant la console et puis elle ne bouge pas, c'est un vrai légume, comme toi d'ailleurs, vous devriez bien vous entendre.
- Ok, mais pour la faire manger ?
- Demande à maman, elle t'expliquera.
- Je ne la change pas.
- Tu veux que je fasse tes devoirs, oui ou non ?
- Ok, j'ai compris.
Il repartit, le bébé dans les bras et j'étais enfin seul. Oui, c'est contradictoire, je veux jamais être seul mais j'ai un besoin vital de l'être, enfin sans elle. Quand elle est là, je pense trop. Allez comprendre...
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- A table !
Je descends dîner en famille après avoir fini tout mes devoirs et les siens, et en ayant même eu le temps de me connecter un peu sur le net. Tom et Gordon parlent de musique, ma mère acquiesce par mono syllabe et moi rien, silence radio. Je débarrasse la table et monte directement dans ma chambre. Crevé, je me couche direct ; putain, ce truc m'a vidé de toutes mes forces. Pourtant ça va faire une semaine mais je suis toujours fatigué. Tom me rejoint, s'assoit à côté de moi et allume la télé.
- Ca ne te dérange pas si je regarde ?
- Est-ce que j'ai vraiment le choix ?
- Oh Bill, ne commence pas. Je suis désolé pour hier soir, c'est vrai que j'aurais pu faire un effort pour venir mais je n'étais pas à l'aise dans cet endroit.
- Et moi ?!?! Tu crois que j'étais à ma place ?!
- Je suis désolé, c'est tout ce que je peux dire. Et pour tout le reste aussi.
- C'est rien, je ne t'en veux pas vraiment, j'étais juste en colère hier et puis j'étais tellement seul à l'hôpital.
- Tu ne l'es plus maintenant.
Il me tire vers lui et je m'installe dans ses bras.
- Ca fait du bien de rentrer chez soi.
- Ca s'est bien passé au collège ?
Il me caresse le visage du bout des doigts. Je me sens vraiment bien dans ses bras.
- Oui, quelques filles m'ont questionné mais je n'ai pas répondu et elles ont très vite laissé tomber. Andy m'a juste demandé si ça allait et les profs ne m'ont rien dit de spécial.
- Genre ?
- Genre quoi ?
- Les filles, elles t'ont demandé quoi ?
- Oh, si j'avais eu mal, ce que ça faisait exactement, si c'était une fille ou un garçon, comment le bébé s'appelait, sa taille, son poids, des futures mères pondeuses en puissance quoi.
Il rit aux éclats. Ca faisait vraiment du bien d'être rentré. Il releva mon visage pour m'embrasser ; oui, ça faisait vraiment du bien d'être rentré chez soi et de retrouver ses habitudes. Notre baiser devient plus passionné, ses mains descendent le long de mon dos et passent sous mon tee-shirt. Je soupirais d'aise. Il descendit ses lèvres sur mon cou et commença à m'embrasser partout. Ses mains remontèrent mon tee-shirt.
- Non, pas ce soir, je n'en ai pas envie.
- Muai, je m'en doutais. C'est trop tôt.
- Exactement.
- J'ai entendu parler de ça un jour, dans une émission, comme quoi les femmes qui viennent d'accoucher ont une chute d'hormone et du coup ne sont plus excitées, un truc du genre.
- Oui, un truc du genre, tu regardes trop la télévision toi.
On rigola encore un peu tous les deux puis je me couchais, blottit dans ses bras, pour ne me réveiller que le lendemain matin.
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